Inscrite dans la loi de refondation de l’École de la République, la réduction des inégalités sociales et territoriales est l’une des priorités du Gouvernement. La réforme de l’éducation prioritaire comprend 14 mesures-clés définies autour de 3 axes : des élèves accompagnés dans leurs apprentissages et dans la construction de leur parcours scolaire,  des équipes éducatives formées, stables et soutenues, un cadre propice aux apprentissages. Un référentiel est élaboré pour permettre aux équipes d’exercer pleinement leur liberté pédagogique en s’appuyant sur des repères solides et fiables.

Refonder l’éducation prioritaire
Les mesures-clés

La refondation de l’éducation prioritaire s’appuie sur une approche globale rassemblant l’ensemble des leviers identifiés comme favorables à la réussite et articulée autour de trois axes :

Des pratiques pédagogiques adaptées aux difficultés rencontrées par les réseaux (prise en charge des difficultés dès le plus jeune âge, accompagnement et suivi renforcés pour les élèves, usage du numérique, etc.)
Des mesures concernant les ressources humaines (du temps pour le travail en équipe, des enseignants spécifiquement formés, accompagnés et soutenus, des incitations fortes pour stabiliser les équipes, etc.)
Une amélioration de l’animation des réseaux et du climat scolaire en éducation prioritaire (une amélioration du pilotage grâce aux projets de réseaux, des adultes supplémentaires dans les établissements pour améliorer le climat scolaire, une école ouverte aux parents, du personnel infirmier en plus grand nombre, etc.).
Pour élaborer cette refondation, le ministère de l’éducation nationale a initié :
• une évaluation de la politique de l’éducation prioritaire dans le cadre de la modernisation de l’action publique (MAP)
• un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés : équipes pédagogiques, équipes d’encadrement, responsables locaux et académiques, organisations syndicales, partenaires (autres administrations, collectivités locales, associations, etc.).

Des assises ont été organisées dans les académies, qui ont notamment permis de synthétiser à la fois les expériences positives et les attentes des équipes éducatives.

L’ensemble de ces démarches a permis de mieux déterminer par quels moyens il était possible de rendre l’éducation prioritaire plus efficace, au service d’un objectif réaffirmé : réduire les inégalités et favoriser la réussite de tous les élèves.
À partir des meilleurs exemples de réussite connus sur le terrain, identifiés par l’évaluation de la MAP ou analysés par la recherche nationale et internationale, le ministère de l’éducation nationale a élaboré, dans la concertation avec les équipes concernées, un référentiel des pratiques pédagogiques les plus efficaces qui orientera l’élaboration des projets de réseau et l’action des équipes de l’éducation prioritaire.
Cette réforme reposera donc, notamment, sur une plus large diffusion, auprès des équipes concernées, des pratiques pédagogiques dont les effets bénéfiques sur la réussite des élèves ont été attestés par les témoignages des acteurs de terrain mais aussi par la recherche.
Pour concrétiser ces mesures, des moyens nouveaux et importants seront affectés à l’éducation prioritaire, selon une logique de progressivité et de justice.

Ils conforteront l’ensemble des équipes des réseaux d’éducation prioritaire (REP) et permettront aux collèges et aux écoles qui rencontrent les plus importantes difficultés sociales de bénéficier de moyens renforcés (REP+).
Chaque réseau s’inscrivant dans cette démarche construira un projet de réseau sur la base du référentiel des meilleures pratiques et verra ses moyens spécifiquement alloués au titre de l’éducation prioritaire garantis pour une durée de 4 ans.
Après une phase de préfiguration engagée au cours de l’année 2014-2015 sur une centaine de réseaux parmi les plus difficiles, la refondation de l’éducation prioritaire entrera en vigueur sur l’ensemble des réseaux concernés à la rentrée 2015.
(*) Entre Entre 2007 et 2012, la proportion d’élèves qui maîtrisent les compétences de base en français en fin de 3e est passée de 54,8% à 42 % (près de 13 points de baisse) dans les collèges du réseau ECLAIR, le score des élèves des collèges RRS est passé de 70% à 63% (7 points de baisse), quand le score réalisé par les élèves hors éducation prioritaire ne perdait que 5 points (de 80% à 75%, source : Note d’information n°13-07, Depp)